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MARIAGE ET COSENTEMENT AU MALI : DES FILLES DISENT « NON » DEVANT LE MAIRE !

Au mois de février, des images ont circulé sur les réseaux sociaux sur lesquelles des jeunes filles ont dit « non » à leurs prétendants devant le maire au Mali. Tous de la même manière pratiquement. Un cas après un autre, dans tous les deux cas, le maire après avoir demandé au jeune homme s’il veut la fille en mariage celui-ci accepte en répondant fièrement « oui je la veux » mais quand on pose la même question à la jeune fille elle refuse avec un ton peureux et mélancolique « non ». Sur l’une des images (vidéos), nous apercevons une dame qui est entrain de pousser la fille à dire « oui » ; cette dame est allée jusqu’à répondre le maire en disant « oui elle le veut » à la place de la fille. 

Nous n’avons pas pu identifier les individus en question c’est-à-dire leurs noms ni leurs localités pour connaitre leurs ethnies afin de situer ces évènements dans un contexte sociale particulier en connaissance des réalités sociaux de certaines ethnies mais une chose est sure, tous sont rattachés à la société malienne (ma société). Ce qui nous suscite à faire des évènements un souci à réfléchir.

Comment ça se passe les mariages ?

Au Mali dans plusieurs sociétés traditionnelles le mariage dépasse une union entre deux simples individus, c’est un acte qui concerne plutôt les familles des deux individus allant de leurs parents, grands-parents jusqu’à leurs dynasties. Pour cela, les parents ne laissent pas les jeunes gens se choisir. Ils choisissent pour eux dans l’intention de ne pas laisser introduire qui que se soit dans leurs famille. Selon un adage bambara « On ne marie pas dans toutes les familles ». Les parents décident d’unir les deux jeunes gens (homme et femme) la plupart des temps selon des critères (remarques) liées au comportement de l’individu ou son parent du même genre (sexe). Dans d’autres cas il se trouve qu’il y a un engagement entre les deux familles ou les deux parents d’unir leurs enfants. 

On rencontre également des cas où l’un des jeunes gens (garçon ou fille) vit une situation difficile (handicap physique ou mental, pauvreté extrême ou antécédent compliqués…) laquelle diminue sa chance ¨de convaincre¨ un partenaire alors un parent généralement du sexe masculin décide de donner sa fille au jeune garçon en situation difficile ou encore décide de chercher la fille en situation difficile pour son garçon. Dans tous les deux cas de décision, c’est toujours personnelle mais très généralement on trouve qu’il y a un lien parental qui pousse ou oblige le parent à soutenir son neveu ou sa nièce dans sa situation difficile… une façon de lui donner de l’espoir.

Dans cet article nous nous focalisons sur le cas des jeunes filles comme sur les images virales sus mentionnées.

Pourquoi attendre la mairie pour avouer son désaccord ?

Il se trouve généralement que la fille ait déclaré son désaccord mais jamais écouté sous prétexte que c’est ainsi les choses se sont toujours passées et qu’elle ne va pas les changer aujourd’hui… La fille se sent alors opprimée par ses propres parents. Elle envisage donc les infliger un affront en déclarant devant le maire et des personnes chères son désaccord sachant bien que le maire sera dans l’obligation de ne pas sceller l’union.

Par ailleurs, d’autres décident de fuir ! Selon D.D une vendeuse déambulant, « J’ai quitté le village parce que mon père a décidé que je me marie avec mon cousin non voyant. Il ne m’a jamais consulté ni écouté quand je voulais m’exprimer. Ma mère m’a clairement avoué que ni elle ni moi ne pouvions contester. Du coup j’ai décidé de fuir le village en abandonnant l’école, de toute les façons ce qu’il appelait mariage là allait me pousser à abandonner…).

La fuite est la seule option pour les filles des localités lesquelles ne privilégient pas la légalisation des mariages à la mairie. Cette opportunité de se présenter devant le maire est une sorte de chance pour les filles.

Qu’est-ce qu’on en pense ?

Dans un monde en perpétuelle évolution, les humains évoluent physiquement et mentalement selon les réalités des activités et des zones. Si les sages jugeaient les comportements des jeunes gens selon les parents du même sexe c’est-à-dire les filles selon leurs mères et les garçons selon leurs pères. Il faut noter qu’aujourd’hui les enfants deviennent ce que leurs parents n’ont jamais connu à forte raison été.

La mondialisation a propagé la paire éducation. Les jeunes préfèrent apprendre de leurs paires que de leurs parents, du coup ils se sifflent des informations qu’ils n’ont pas l’occasion d’avoir auprès des parents. Ainsi ils deviennent autres choses que les parents ne connaissent même pas. Si les parents doivent choisir à leurs places un partenaire à vie, le coup semble mal parti car ils auront déjà leurs propres critères différents de celles des parents. Dans nos deux cas susmentionnés, tout amène à croire que les filles sont arrivées devant le maire malgré elles.

Une chose est sure, ces filles respectives vont connaitre des pires moments à partir de ces évènements.

Reste à savoir si les parents vont accepter et annuler le mariage ou ignorer la mairie en maintenant l’union sous le statut traditionnel ou religieux. De toutes les façons la mairie est récente mais les mariages ont toujours été.    

Est-ce qu’un « non » devant le maire est-il possible ou envisageable pour deux individus qui se sont rencontrés et proposés aux parents ?          

Tiemoko Bouare

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