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Éveiller les consciences, assumer nos responsabilités

Éveiller les consciences, assumer nos responsabilités

Au Mali, l’émancipation politique des femmes ne se décrète pas, elle se conquiert. Entre avancées légales et défis persistants, il est temps de passer de la revendication à l’action.

Chaque année, le 8 mars est une occasion de célébrer les avancées des femmes, mais aussi de pointer du doigt les blocages persistants. Au Mali, la question de la représentation féminine dans les instances de décision est devenue un refrain bien connu. Après chaque nomination gouvernementale, les femmes montent au créneau pour dénoncer le non-respect de la loi 052. Pourtant, lorsque vient le temps des élections, elles disparaissent presque du paysage. Un exemple criant : au sein du Conseil National de la Jeunesse (CNJ), structure où les postes sont exclusivement électifs, nous comptons 20 présidents régionaux… pour une seule femme.

Il est donc légitime de se poser une question dérangeante : que faisons-nous, nous, femmes, pour nous imposer là où nous en avons pourtant le plein pouvoir ? Si les nominations dépendent des autorités, les élections, elles, sont entre nos mains. Pourtant, l’engagement politique féminin reste timide, et bien souvent, les premières à ne pas voter pour des femmes… sont des femmes.

Il ne s’agit pas de nier les obstacles. L’émancipation des femmes maliennes se heurte à des réalités complexes : pressions sociales, pesanteurs culturelles, manque de moyens financiers, auto-censure… 

La politique reste un terrain miné où les hommes, solidaires entre eux, manœuvrent pour garder leurs privilèges. Dans les cercles ruraux, les barrières sont encore plus fortes : l’analphabétisme, le poids des traditions et la précarité économique rendent l’engagement politique des femmes particulièrement ardu mais il faut aussi reconnaître que des progrès ont été réalisés. 

Des lois existent et protègent désormais davantage les droits des femmes. La loi 052, bien que mal appliquée, est une avancée majeure en matière de représentation politique. Les femmes ont aujourd’hui accès à des financements pour entreprendre, à des formations pour renforcer leurs capacités, et à des espaces d’expression qu’elles n’avaient pas il y a quelques décennies. L’essor de femmes leaders dans les médias, les entreprises, les associations prouve que la dynamique est en marche.

L’État a des failles, c’est un fait. Mais il ne peut pas tout faire à notre place. Il est temps que nous, femmes, cessions d’attendre que l’émancipation nous soit servie sur un plateau. Revendiquer nos droits, c’est bien. Mais se positionner, se battre et prendre nos responsabilités, c’est mieux. L’autonomisation ne viendra pas uniquement des textes de loi, mais d’une prise de conscience collective : nous devons nous soutenir, nous organiser, nous imposer.

Alors, en ce 8 mars, célébrons nos victoires, mais surtout, engageons-nous à faire mieux. Les opportunités existent. Saurons-nous les saisir ? Nous en reparlerons en 2026 !

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