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Bamako sous les eaux : Quand les déchets et l’urbanisation sauvage deviennent un cocktail explosif

Bamako sous les eaux : Quand les déchets et l’urbanisation sauvage deviennent un cocktail explosif

 A Bamako, chaque saison des pluies ravive les mêmes scènes : routes inondées, maisons submergées, quartiers coupés du reste de la ville.

Ce phénomène n’est pas qu’une fatalité climatique. Il résulte en grande partie d’un désordre urbain croissant et d’une gestion défaillante des déchets, deux problèmes étroitement liés qui rendent la capitale malienne de plus en plus vulnérable.

Urbanisation incontrôlée : construire n’importe où, à n’importe quel prix

Dans de nombreux quartiers de Bamako comme sotuba, Missabougou, kalanban coura…… les constructions poussent à un rythme effréné, souvent sans aucun respect des règles d’urbanisme. Cette construction illicite engendre des conséquences graves :

Occupations des zones inondables : les habitations s’installent dans les lits des fleuves ou des zones naturellement destinées à absorber les eaux de pluie.

 Absence de drainage : la plupart des quartiers de la capitale manquent de caniveaux et d’infrastructures pour évacuer les eaux des pluies.

Sols imperméables : le bitumage et les constructions sur presque toute la surface empêchentl’eau de s’infiltrer dans le sol, ce qui aggrave le ruissellement.

Déchets : un autre fléau qui contribue à inonder la ville

La gestion des déchets à Bamako est loin d’être efficace. Malgré la mise en vigueur de  la loi N°2014-024 du 03 juillet 2014 , qui interdit la production, l’importation et la commercialisation des sachets plastiques non biodégradables en République du Mali, environ 4.050 m³ de déchets solides sont produits par jour à Bamako, dont une importante partie est composée de déchets plastiques non biodégradables.

Les ordures, notamment les plastiques s’accumulent dans les rues, les caniveaux ou même les cours d’eau et le fleuve Niger. Ce laxisme a des conséquences visibles : caniveaux bouchés, les déchets empêchent l’eau de circuler, pollues nos rivières, bouchent nos systèmes de drainage   ce qui provoque des débordements dès la moindre pluie.

Quelles pistes pour sortir de cette impasse ?

Dans les zones urbaines mal planifiées, souvent sans services de base, les populations sont les livrées à elles-mêmes. Faute de collecte régulière, les déchets sont jetés dans la nature.  Et lorsqu’il n’existe pas de caniveaux fonctionnels, les eaux de pluie n’ont nulle part où aller, entrainant rapidement des inondations dévastatrices.

Pour éviter que chaque saison pluvieuse ne se transforme en cauchemar pour les Bamakois, plusieurs actions s’imposent :

Imposer une planification urbaine stricte avec un respect des zones non constructibles comme les lits de fleuve.

Investir dans des infrastructures de drainage modernes, notamment dans les quartiers en croissance rapide.

Sensibiliser les populations à l’importance de ne pas jeter les déchets dans la rue ou les caniveaux.

Mettre en place un système de collecte des déchets, en impliquant les communes, et les jeunes.

                                                                          Tandin sanibe DEMBELE

Image générée par IA

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